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Marchés allotis : pourquoi candidater sur un seul lot est souvent la bonne stratégie
« Réhabilitation d'un groupe scolaire — 2,4 M€ » : hors de portée ? Regardez mieux. Ce marché est découpé en 12 lots, et le lot 08 « Électricité — courants forts et faibles » pèse 180 000 €. Celui-là est pour vous. L'allotissement existe précisément pour ouvrir la commande publique aux PME — encore faut-il savoir le lire.
1. L'allotissement : la règle, pas l'exception
Le code de la commande publique fait de l'allotissement le principe par défaut : sauf justification, l'acheteur doit découper son marché en lots séparés — par corps d'état (gros œuvre, CVC, électricité, plomberie, peinture…) ou par zone géographique. Chaque lot est un marché à part entière : sa propre analyse des offres, son propre attributaire, son propre contrat.
Concrètement, pour vous :
- Vous pouvez répondre à un seul lot, sans justifier de ne pas prendre les autres.
- Votre offre est comparée uniquement aux offres du même lot — pas au groupement qui répond à tout.
- Les capacités exigées (chiffre d'affaires, références) s'apprécient à l'échelle du lot, pas de l'opération entière. Le CA demandé ne peut d'ailleurs pas dépasser le double de la valeur estimée du lot.
2. Lire un marché alloti en 10 minutes
- La liste des lots est dans l'avis et le RC. Repérez ceux de votre métier — il y en a parfois deux (ex. lot « électricité » et lot « SSI / alarme »).
- Le règlement précise si vous pouvez candidater à plusieurs lots, et parfois combien de lots un même candidat peut remporter. Lisez cette clause en premier.
- Chaque lot a son cadre de prix (BPU/DPGF par lot). Ne chiffrez que le vôtre.
- Les critères peuvent différer selon les lots — vérifiez la pondération prix/technique de VOTRE lot, pas celle du lot 01.
3. Choisir son lot : trois filtres
- Le métier — le lot recouvre-t-il ce que vous faites tous les jours, ou seulement en partie ? Un lot « CVC + plomberie » quand vous ne faites que la plomberie impose un cotraitant.
- La taille — un lot à 30 % de votre CA annuel est un beau contrat ; à 150 %, c'est un risque de trésorerie (les situations de travaux se paient à 30 jours, vos fournisseurs souvent avant).
- Le calendrier — votre lot intervient-il en début de chantier (terrassement, gros œuvre) ou en finition ? Un lot de second œuvre sur un chantier de 18 mois, c'est de la charge dans un an, pas demain.
4. Répondre à un lot : les spécificités
- Le dossier de candidature (DC1/DC2 ou DUME) mentionne le ou les lots visés — une erreur de numéro de lot est éliminatoire.
- Le mémoire technique se rédige à l'échelle du lot : vos moyens pour CE lot, votre planning dans le planning général, vos interfaces avec les autres corps d'état. C'est là qu'un artisan bat un généraliste.
- Si vous visez deux lots, le règlement peut exiger des offres strictement indépendantes — pas de remise conditionnelle « si j'obtiens les deux », sauf si le RC l'autorise expressément.
5. Groupement : l'option pour monter en gamme
Le lot voisin vous tend les bras mais dépasse vos capacités seul ? Le groupement momentané d'entreprises (cotraitance) permet de répondre à deux, chacun sur sa spécialité — souvent plus rentable que la sous-traitance, et l'acheteur y voit une réponse locale et complète. Un DC1 commun, un mandataire, et une convention de groupement qui répartit clairement les prestations.
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